“C’est elle qu’on condamne à nouveau” : 8 ans après la condamnation de son violeur, une jeune femme apprend qu’il va venir vivre près de chez elle

“C’est elle qu’on condamne à nouveau” : 8 ans après la condamnation de son violeur, une jeune femme apprend qu’il va venir vivre près de chez elle

Condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir violé Karine Jambu de ses 5 ans à ses 7 ans, Roland Blaudry sortira prochainement de prison. Sa victime, aujourd’hui âgée de 29 ans, a appris qu’il allait venir s’installer à Rennes, là où elle réside.

“Il a fait ça toute sa vie.” En 2018, Roland Blaudry a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol de Karine Jambu. C’est à l’âge de 5 ans que la jeune femme, aujourd’hui âgée de 29 ans, a été violée pour la première fois dans la demeure familiale où ses parents hébergeaient ce pédocriminel récidiviste tout en étant conscients de ses antécédents d’attentats à la pudeur sur mineurs. Jusqu’à ses 7 ans, Karine a subi de multiples viols de la part de celui qui affirmait durant son procès qu’il “ne pensait pas que c’était mal”, et ce, malgré de nombreux signalements auprès des services sociaux.

Huit ans après la condamnation de son agresseur, Karine Jambu a reçu, le 29 avril 2026, un courrier l’informant de la libération de celui-ci, le 12 mai 2026. Pire, il lui a également été notifié qu’il allait vivre à Rennes, là où elle résideL’intéressé n’ayant pas d’autre adresse en sortie et sa fin de réclusion criminelle étant arrivée à son terme, cette situation n’a pu être évitée, a ainsi déclaré la juge d’application des peines dans un courrier adressé à la jeune femme. “Pour moi, c’était envisageable qu’il sorte, dans un premier temps, et encore moins qu’il vienne habiter où j’habite, a déploré Karine Jambu dans un reportage diffusé sur M6, mardi 5 mai 2026.

“Quand je regarde ma fille de 5 ans, je me dis qu’à cet âge-là…”

Une nouvelle d’autant plus difficile à encaisser pour la jeune femme, qui est aujourd’hui maman d’une petite fille âgée de 5 ans“Quand je la regarde, je me dis qu’à cet âge-là, il a commencé à faire ça. Ce n’est pas possible, a-t-elle ainsi confié à nos confrères de M6, exprimant son désarroi, tandis que pour elle, il est impossible que Roland Blaudry ait changé : Pourquoi il s’arrêterait ?. D’après le courrier de la juge d’application des peines, “la dangerosité de l’intéressé a été réduite par le travail effectué en détention”, tandis qu’il fera l’objet d’un suivi “particulièrement renforcé”. D’après nos confrères de M6, il n’a d’ailleurs pas prévu de demeurer à Rennes.

Qu’est-ce que la “confusion des peines”, dont a bénéficié Roland Blaudry ?

Une “maigre compensation” pour Karine Jambu, qui avait appris en novembre 2025 la demande de son agresseur à sortir de prison, et ce, après avoir purgé non pas 8 ans, mais 21 ans de prison. En effet, Roland Blaudry a profité du principe de “confusion des peines”. Ainsi, lorsqu’il a été condamné en 2018 à 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de 20 ans, le septuagénaire était déjà incarcéré depuis 13 ans après avoir été condamné en 2007 à dix-huit ans de réclusion pour des viols commis sur sa fille. S’applique alors la “confusion des peines” : au lieu de cumuler les deux peines, la plus longue “absorbe” la plus courte.

Roland Blaudry a donc déposé une demande de libération après sa période de sûreté. C’est elle qu’on condamne à nouveau. C’est comme si on remettait la victime en prison, a quant à elle déploré Laurence Brunet-Jambu, la tante de Karine et son principal soutien auprès de 20 Minutes. Pour elle, l’agresseur de sa nièce est “un violeur multirécidiviste qui a déjà fait plusieurs victimes” et qui “était censé être en soins” lorsqu’il a violé Karine. Il n’a jamais écrit, jamais demandé pardon. C’est dégueulasse, a-t-elle conclu.